
Les Mineurs de Saint-Étienne · N°01
Le Mineur à la pioche
Au front de taille, le piqueur abat le charbon à la pioche, à la lueur de sa lampe. C'est le geste fondateur de la mine.
- Tirage
- Limité à 10 exemplaires numérotés
- Matière
- Résine haute définition
- Hauteur
- 10 cm environ, socle Ø 67 mm
Registre des exemplaires
L'histoire
Le Mineur à la pioche
Bassin houiller de la Loire, vers 1910
Claudius Faure, piqueur
Claudius Faure a quarante et un ans en 1910. Il est piqueur dans un puits de la Société anonyme des mines de la Loire, à Saint-Étienne. Il est descendu pour la première fois à treize ans, il a poussé des bennes, posé des bois, et il a fini par gagner ce que tout le monde au fond regarde avec respect : le droit d'attaquer la veine.
On le reconnaît à son tablier de cuir et à son outil. Ici, on ne dit pas pioche : on dit le pic.
Le métier
Le piqueur travaille au chantier d'abattage. C'est lui qui détache le charbon de la couche. Le geste est toujours le même, et il ne s'improvise pas : avec son pic, il creuse d'abord une entaille au pied de la paroi, que les mineurs de la Loire appellent l'embrayure. Plus haut, on plante des coins de bois ou de fer. Le bloc, privé d'appui, finit par tomber.
Le piqueur boise aussi sa taille à mesure qu'il avance : un chantier qui progresse sans bois est un chantier qui va s'effondrer. Au XIXe siècle, le piqueur choisissait souvent ses compagnons, parfois dans sa famille, et discutait lui-même avec le gouverneur de la quantité de charbon à sortir et du prix de la tâche. Vers 1910, ce rôle de chef d'équipe s'est réduit : la compagnie paie chaque homme pour son propre travail.
Une journée au fond
La journée commence à la lampisterie, où Claudius échange son jeton contre sa lampe, puis par la descente en cage. Au fond, il faut encore marcher jusqu'au chantier, parfois longtemps. Au XIXe siècle, un piqueur restait de dix à onze heures dans la mine, trajet et pause compris, et le casse-croûte se prenait au fond. La loi commence à réduire ces journées : les huit heures s'appliquent d'abord aux ouvriers de l'abattage, à partir de 1905, avant d'être étendues à tous les mineurs du fond en 1914.
Le piqueur est le mieux payé des ouvriers du fond. Un dossier du musée donne, pour le XIXe siècle, une journée de 4,25 francs, soit environ 21,60 euros d'aujourd'hui. Les dépenses d'un ménage avec deux jeunes enfants y sont estimées à 4 francs par jour. Une journée de fond couvre donc à peu près une journée de maison, à condition que personne ne tombe malade.
Les outils
- Le pic, à deux pointes ou à panne, pour creuser l'embrayure et faire tomber le charbon.
- Les coins de bois ou de fer, que l'on enfonce à la masse : c'est le travail de son compagnon, Mathieu Rivoire (N°03).
- La lampe de sûreté, accrochée près du front de taille.
- Le tablier de cuir, qui protège des éclats et du frottement contre la roche.
Ce que raconte la figurine
Claudius se tient droit, le pic en travers du corps, comme on le porte pour aller au chantier. Ce n'est pas un geste de travail : c'est le moment juste avant. La figurine ouvre la collection parce que tout commence par lui. Sans le piqueur, il n'y a rien à charger, rien à rouler, rien à trier au jour.
Ce qui est vrai, ce qui est raconté
- Vrai : le geste de l'embrayure et des coins, le rôle du piqueur, le boisage de la taille, la lampisterie et le jeton, l'évolution vers le salaire individuel. Le salaire et les dépenses sont des ordres de grandeur du XIXe siècle, convertis avec l'indice de l'Insee.
- Raconté : Claudius Faure, son âge, sa carrière et son équipe. C'est un personnage composite, qui n'usurpe l'identité d'aucun mineur réel.
Sources
- Musée de la Mine de Saint-Étienne, « Les métiers dans une mine de charbon au XIXe siècle dans le bassin de la Loire » (le piqueur, l'embrayure, les coins, la hiérarchie) : musee-mine.saint-etienne.fr/sites/default/files/ckeditor_uploads/dossier_metiers_a_la_mine_def_.pdf
- Musée de la Mine, « Les conditions de vie et de travail des jeunes mineurs » (durée des journées, salaires, paie à la quinzaine) : musee-mine.saint-etienne.fr/sites/default/files/ckeditor_uploads/dossier_conditions_de_vie_.pdf
- Musée de la Mine, dossier pédagogique (glossaire : le pic) : musee-mine.saint-etienne.fr/sites/default/files/ckeditor_uploads/dossier_pedagogique_generaliste_2017-2018ok.pdf
- Archives du Pas-de-Calais, application de la loi des huit heures dans les mines : archivespasdecalais.fr
- Insee, convertisseur franc-euro (1 franc de 1910 vaut environ 5,08 euros de 2025) : insee.fr/fr/information/2417794