
Les Mineurs de Saint-Étienne · N°02
Le Mineur debout
La main sur la hanche, au sortir du puits : la fierté tranquille d'un homme qui descend chaque jour au fond.
- Tirage
- Limité à 10 exemplaires numérotés
- Matière
- Résine haute définition
- Hauteur
- 10 cm environ, socle Ø 67 mm
Registre des exemplaires
L'histoire
Le Mineur debout
Bassin houiller de la Loire, vers 1910
Pierre Granjon, délégué mineur
Pierre Granjon a quarante-six ans. Il a abattu du charbon pendant vingt ans. Depuis quelques années, ses camarades l'ont élu délégué mineur. La figurine le montre au jour, en sabots, la main sur la hanche. Ce n'est pas de la pose : c'est la tenue d'un homme qui vient de remonter, qui a vu ce qu'il devait voir, et qui s'apprête à l'écrire.
Le métier
Les délégués mineurs sont nés d'une loi du 8 juillet 1890. Ils sont élus par les ouvriers du fond, et leur mission est la sécurité. Ils visitent les travaux, notent leurs observations dans un registre et signalent les infractions aux ingénieurs de l'État chargés de contrôler les mines. Leur mode de paiement a été choisi pour marquer leur indépendance vis-à-vis de la compagnie.
C'est la première fois, en France, que des ouvriers obtiennent une représentation consacrée à leur sécurité. Les comités d'hygiène et de sécurité des entreprises d'aujourd'hui descendent de cette loi.
Le même mois de juillet 1890, une autre loi supprime le livret ouvrier, ce carnet que chaque ouvrier devait présenter à son patron et qui permettait de le surveiller. En une semaine, le mineur perd un papier qui le tenait et gagne un représentant qui le protège.
Une journée de visite
Pierre descend comme les autres, sa lampe à la main. Il ne pique pas : il regarde. Le boisage d'une galerie, l'aérage d'un chantier, une odeur, un bruit de toit qui travaille. Les éboulements tuent alors plus que le grisou : une statistique de 1880 leur attribue plus de quarante pour cent des décès au fond. Le délégué est là pour les voir venir.
Remonté au jour, il écrit. Son registre n'appartient pas à la compagnie. Ce qu'il y note, l'ingénieur de l'État pourra le lire.
Les outils
- La lampe de sûreté, qui sert aussi à repérer le grisou : sa flamme change d'aspect quand le gaz est présent.
- Le registre d'observations, qu'il tient pour les ouvriers.
- Les sabots, portés au jour, et la veste de travail.
Ce que raconte la figurine
Dans la collection, un autre homme tient un registre : le gouverneur (N°05). L'un écrit pour la compagnie, l'autre pour les ouvriers. Placées côte à côte, les deux figurines racontent la mine de 1910 mieux qu'un long discours : deux carnets, deux loyautés, un même puits.
Ce qui est vrai, ce qui est raconté
- Vrai : la création des délégués mineurs par la loi du 8 juillet 1890, leur élection, leur registre d'observations, la suppression du livret ouvrier en juillet 1890, la part des éboulements dans les décès.
- Raconté : Pierre Granjon, sa carrière et sa fonction. La figurine d'origine représente un mineur debout ; en faire un délégué est un choix d'écriture.
Sources
- Loi du 8 juillet 1890 sur les délégués mineurs, présentée dans « Les mines de La Chapelle-sous-Dun » : brionnais.fr/pm/doc/mines-La-Chapelle-sous-Dun-4.pdf
- Musée de la Mine de Saint-Étienne, « Les dangers dans une mine de charbon » (éboulements, grisou, lampe de sûreté) : musee-mine.saint-etienne.fr/sites/default/files/ckeditor_uploads/dossier_les_dangers2017.pdf
- Musée de la Mine, « Les lampes de mine » : musee-mine.saint-etienne.fr/sites/default/files/ckeditor_uploads/dossier_les_lampes_de_mine_def_2017.pdf
- Musée de la Mine, « Les métiers dans une mine de charbon au XIXe siècle dans le bassin de la Loire » : musee-mine.saint-etienne.fr/sites/default/files/ckeditor_uploads/dossier_metiers_a_la_mine_def_.pdf