
Les Mineurs de Saint-Étienne · N°03
Le Mineur à la masse
La masse sert à enfoncer les coins dans la veine et à briser les blocs les plus durs. Un outil lourd, pour des bras solides.
- Tirage
- Limité à 10 exemplaires numérotés
- Matière
- Résine haute définition
- Hauteur
- 10 cm environ, socle Ø 67 mm
Registre des exemplaires
L'histoire
Le Mineur à la masse
Bassin houiller de la Loire, vers 1910
Mathieu Rivoire, aide-piqueur
Mathieu Rivoire a vingt-six ans et des bras qui font la réputation d'une équipe. Il travaille avec Claudius Faure, le piqueur (N°01). Claudius creuse, Mathieu frappe. L'un ne va pas sans l'autre, et au fond, tout le monde sait reconnaître leur rythme dans le noir.
Le métier
Dans le chantier d'abattage, le piqueur creuse d'abord une entaille au pied de la paroi, l'embrayure. Ensuite, plus haut, on plante des coins de bois ou de fer, et on les enfonce à la masse jusqu'à ce que le bloc de charbon, privé d'appui, se détache. Le piqueur peut diriger plusieurs aides : c'est là qu'on apprend, coup après coup, à lire une veine.
La masse sert aussi à briser les blocs trop gros pour être chargés dans les bennes, et, chez les mineurs au rocher qui creusent les galeries, à forer les trous où l'on placera les cartouches d'explosif.
Une journée au fond
Le travail de Mathieu est fait de pauses et de violence. Il attend que Claudius ait fini l'embrayure, il place les coins, puis il frappe. Chaque coup se règle à l'oreille : le son change quand le bloc commence à céder. Il faut alors s'écarter, parce que le charbon ne prévient qu'une fois.
Un aide gagne moins que le piqueur. Les dossiers du musée donnent, au XIXe siècle, 4,25 francs pour une journée de piqueur et 2,75 francs pour un jeune de seize à dix-huit ans : entre les deux, l'aide-piqueur attend que sa place vienne. Et on montait quand une place se libérait, c'est-à-dire quand quelqu'un partait.
Les outils
- La masse à manche court, lourde, faite pour frapper dans un espace étroit.
- Les coins de bois ou de fer.
- Le tablier de cuir, comme son piqueur.
Ce que raconte la figurine
Mathieu tient sa masse levée à l'épaule, prête. La figurine fonctionne en duo avec le Mineur à la pioche : posées ensemble, elles montrent le geste complet de l'abattage, l'entaille et la frappe. Seul, Mathieu est la force. Avec Claudius, il devient un métier.
Ce qui est vrai, ce qui est raconté
- Vrai : l'embrayure, les coins enfoncés pour faire tomber le bloc, les aides du piqueur, le travail du mineur au rocher, les ordres de grandeur des salaires du XIXe siècle.
- Raconté : Mathieu Rivoire, son âge, son équipe avec Claudius et la façon de régler la frappe à l'oreille.
Sources
- Musée de la Mine de Saint-Étienne, « Les métiers dans une mine de charbon au XIXe siècle dans le bassin de la Loire » (le piqueur et ses aides, l'embrayure, les coins, le mineur au rocher) : musee-mine.saint-etienne.fr/sites/default/files/ckeditor_uploads/dossier_metiers_a_la_mine_def_.pdf
- Musée de la Mine, « Les conditions de vie et de travail des jeunes mineurs » (salaires) : musee-mine.saint-etienne.fr/sites/default/files/ckeditor_uploads/dossier_conditions_de_vie_.pdf