DÉSIRÉ CARON
Le Boiseur à la hache, figurine en résine

Les Mineurs de Saint-Étienne · N°04

Le Boiseur à la hache

Le boiseur taille et pose les bois qui soutiennent les galeries. De son travail dépend la vie de toute l'équipe.

Tirage
Limité à 10 exemplaires numérotés
Matière
Résine haute définition
Hauteur
10 cm environ, socle Ø 67 mm

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L'histoire

Le Boiseur à la hache

Bassin houiller de la Loire, vers 1910

Jean-Marie Vial, boiseur

Jean-Marie Vial a trente-cinq ans. Il est boiseur, et son fils Fernand vient d'être embauché comme galibot (N°09). Quand on lui demande ce qu'il fait au fond, il répond qu'il empêche la montagne de tomber. Il ne plaisante qu'à moitié.

Le métier

Le boiseur élève ou élargit les galeries selon les besoins de l'exploitation, puis il installe et entretient le boisage : le soutènement, fait de bois de pin, qui retient le toit. Quand la sécurité l'exige, il consolide ou remplace les bois. Il travaille à la hache et à l'escofine, une sorte de scie égoïne.

Le musée décrit ce métier comme difficile et important : il demande de la force, de l'expérience, de l'habileté et une grande vigilance. Au début du XIXe siècle, les piqueurs boisaient eux-mêmes. Mais quand les chevaux sont arrivés au fond, il a fallu des galeries plus larges et plus solides, et le boiseur est devenu un métier à part.

Une journée au fond

On parle beaucoup du grisou, parce qu'il fait les catastrophes et les titres des journaux. Mais au quotidien, c'est le toit qui tue. Une statistique de 1880 attribue aux éboulements plus de quarante pour cent des décès au fond. Le boiseur passe sa journée face à ce danger-là : il taille ses bois à la hache, les ajuste, les cale, et il écoute.

Un boiseur gagnait, au XIXe siècle, autour de 3,70 francs par jour, soit environ 18,80 euros d'aujourd'hui : moins que le piqueur, plus que le rouleur. Dans l'échelle de la mine, c'est souvent l'étape avant l'abattage.

Les outils

  • La hache, pour équarrir et ajuster les bois sur place.
  • L'escofine, la scie des boiseurs, entretenue au jour par un affûteur.
  • Les bois de pin : montants et chapeaux, qui forment les cadres de la galerie.

Ce que raconte la figurine

Jean-Marie tient sa hache le long du corps, les manches retroussées : une pause entre deux cadres. Les mineurs disent que le bois de pin prévient avant de casser, qu'il craque et qu'il parle. C'est une des choses qu'il apprendra à son fils, la première semaine, avant même de lui montrer comment tenir une hache.

Ce qui est vrai, ce qui est raconté

  • Vrai : le métier de boiseur tel que le décrit le musée, le bois de pin, la hache et l'escofine, la naissance du métier avec le roulage par chevaux, la part des éboulements dans les décès, l'ordre de grandeur du salaire.
  • Raconté : Jean-Marie Vial, son fils, et le bois qui « parle » : c'est une tradition orale que nous n'avons pas trouvée dans une source écrite.

Sources

  • Musée de la Mine de Saint-Étienne, « Les métiers dans une mine de charbon au XIXe siècle dans le bassin de la Loire » (le boiseur, l'affûteur d'escofines) : musee-mine.saint-etienne.fr/sites/default/files/ckeditor_uploads/dossier_metiers_a_la_mine_def_.pdf
  • Musée de la Mine, « Les dangers dans une mine de charbon » (éboulements) : musee-mine.saint-etienne.fr/sites/default/files/ckeditor_uploads/dossier_les_dangers2017.pdf
  • Musée de la Mine, « Les conditions de vie et de travail des jeunes mineurs » (salaires) : musee-mine.saint-etienne.fr/sites/default/files/ckeditor_uploads/dossier_conditions_de_vie_.pdf
  • Insee, convertisseur franc-euro : insee.fr/fr/information/2417794