DÉSIRÉ CARON
Le Porion au registre, figurine en résine

Les Mineurs de Saint-Étienne · N°05

Le Porion au registre

Le porion est le contremaître du fond. Il répartit le travail, surveille la sécurité et note tout dans son registre.

Tirage
Limité à 10 exemplaires numérotés
Matière
Résine haute définition
Hauteur
10 cm environ, socle Ø 67 mm

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L'histoire

Le Porion au registre

Bassin houiller de la Loire, vers 1910

Antonin Bonnefoy, gouverneur

Antonin Bonnefoy a cinquante-deux ans. Il porte un registre sous le bras, une veste fermée et le regard de quelqu'un qui compte. Dans le Nord, on l'appellerait porion. Ici, dans le bassin de la Loire, on dit le gouverneur, ou le maître mineur.

Le métier

Vers 1900, la mine est devenue une grande entreprise. Les mineurs sont encadrés par des surveillants, eux-mêmes sous les ordres des gouverneurs, dirigés par des ingénieurs. Le gouverneur est la hiérarchie intermédiaire : au quotidien, c'est le chef direct des mineurs de fond. Il peut diriger une équipe ou superviser les travaux de tout un quartier, c'est-à-dire plusieurs chantiers.

Il doit aussi faire respecter la discipline, et il peut pour cela infliger des amendes ou d'autres sanctions. C'est souvent un ancien mineur expérimenté. Mais au fil du XIXe siècle, de plus en plus de gouverneurs sortent d'écoles spécialisées : Saint-Étienne a la sienne, l'école des mines, fondée en 1816.

Une journée au fond

Antonin descend avant ses hommes et remonte après eux. Il répartit les chantiers, vérifie les bois, l'aérage, la tâche de chacun. À la lampisterie, un surveillant assiste à la distribution des lampes et souffle sur chaque verre pour vérifier qu'il est bien fermé. Rien ne passe sans être noté.

Le soir, il remplit son registre : qui était là, qui a fait quoi, combien de bennes, quelle amende. Ce cahier décide d'une partie de la paie de la quinzaine. Il n'est pas aimé pour ça, et il le sait.

Les outils

  • Le registre, qui est à la fois son pouvoir et sa responsabilité.
  • La lampe de sûreté, avec laquelle il contrôle la présence de grisou.
  • La veste fermée : au fond, elle le distingue des ouvriers en bras de chemise.

Ce que raconte la figurine

Antonin est debout, sans outil de frappe : c'est le seul de la collection dont l'outil est un livre. Il a un pendant, le délégué mineur Pierre Granjon (N°02), qui tient lui aussi un registre, mais pour les ouvriers. Les deux hommes se connaissent depuis vingt ans. Ils ont abattu du charbon dans la même taille, avant que l'un monte vers la compagnie et que l'autre soit élu par ses camarades.

Ce qui est vrai, ce qui est raconté

  • Vrai : la hiérarchie surveillants, gouverneurs et ingénieurs, le nom de gouverneur ou de maître mineur dans la Loire et celui de porion dans le Nord, le pouvoir d'infliger des amendes, la formation en école, le contrôle des lampes, la paie à la quinzaine.
  • Raconté : Antonin Bonnefoy, sa carrière, son amitié avec le délégué Pierre Granjon et le contenu de son registre.

Sources

  • Musée de la Mine de Saint-Étienne, « Les métiers dans une mine de charbon au XIXe siècle dans le bassin de la Loire » (la hiérarchie, le gouverneur, le surveillant, l'école des mines) : musee-mine.saint-etienne.fr/sites/default/files/ckeditor_uploads/dossier_metiers_a_la_mine_def_.pdf
  • Musée de la Mine, « Les lampes de mine » (contrôle des lampes par le surveillant) : musee-mine.saint-etienne.fr/sites/default/files/ckeditor_uploads/dossier_les_lampes_de_mine_def_2017.pdf
  • Musée de la Mine, « Les conditions de vie et de travail des jeunes mineurs » (paie à la quinzaine ou au mois) : musee-mine.saint-etienne.fr/sites/default/files/ckeditor_uploads/dossier_conditions_de_vie_.pdf