DÉSIRÉ CARON
Le Mineur à la lampe, figurine en résine

Les Mineurs de Saint-Étienne · N°06

Le Mineur à la lampe

La lampe de sûreté éclaire sans enflammer le grisou. Chaque mineur la reçoit à la lampisterie avant de descendre.

Tirage
Limité à 10 exemplaires numérotés
Matière
Résine haute définition
Hauteur
10 cm environ, socle Ø 67 mm

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L'histoire

Le Mineur à la lampe

Bassin houiller de la Loire, vers 1910

Étienne Peyrard, matricule 612

Étienne Peyrard a trente ans. Comme tous les mineurs, il a une lampe à lui. Elle porte une petite plaque gravée de son matricule, 612, le même numéro que sur le jeton qu'il garde dans sa poche. Ce numéro le suit partout au fond. C'est par lui qu'on sait qu'il est descendu, et qu'il est remonté.

Le métier de la lampe

Au fond, la lampe sert à voir, mais elle peut aussi tuer : une flamme ou une étincelle suffit à enflammer le grisou, ce gaz invisible et sans odeur qui s'accumule dans les veines de charbon. Tout le XIXe siècle a cherché à rendre la flamme sûre.

À Saint-Étienne, on s'éclairait d'abord au crézieu, ou rave stéphanoise : une lampe à huile dont la flamme sortait à l'air libre, et dont le bouchon portait souvent un coq gaulois. Elle est interdite dans les mines grisouteuses de la Loire dès 1825 et remplacée par la lampe de sûreté de l'Anglais Davy, dont un tamis métallique empêche la flamme de sortir. Viennent ensuite la Clanny, avec un verre, puis la Mueseler, puis la Marsaut : un ingénieur sorti major de l'école des mines de Saint-Étienne, qui ajoute en 1867 une cuirasse de laiton autour du tamis et une fermeture à rivet de plomb que le mineur ne peut pas ouvrir. C'est ce type de lampe, cuirassée, que tient la figurine.

Saint-Étienne a même donné au monde une invention : en 1879, Villiers, directeur des houillères de Saint-Étienne, met au point une fermeture magnétique. Seul le lampiste, avec un aimant puissant, peut ouvrir la lampe. Elle a fait le tour du monde.

Une journée au fond

Le matin, Étienne remet son jeton à la lampisterie et reçoit sa lampe, allumée, vérifiée. Un surveillant souffle sur le verre pour s'assurer qu'il est bien fermé. La lampe est fournie et entretenue par la compagnie, mais le mineur en est responsable : s'il l'abîme par négligence, la réparation peut être retenue sur sa paie.

Au fond, la flamme ne sert pas qu'à éclairer. Quand le grisou est là, elle change d'aspect. Vers 1910, la lampe à flamme est déjà en train de devenir ce qu'elle sera ensuite : moins une lampe qu'un détecteur. Les lampes électriques ne se répandent dans les mines qu'à partir de 1920.

Le soir, Étienne rend sa lampe et récupère son jeton. Une lampe qui ne revient pas, c'est un homme qui manque.

Les outils

  • La lampe de sûreté à cuirasse, accrochée par son crochet à la ceinture ou à un bois.
  • Le jeton numéroté, échangé à la lampisterie à chaque descente.
  • La plaque de matricule, gravée sur la lampe.

Ce que raconte la figurine

Étienne tient sa lampe à la main, le pouce passé dans la ceinture, au départ du poste. C'est la figurine du numéro. Il y a là une coïncidence que nous n'avons pas inventée : comme le mineur de 1910, chaque exemplaire de cette figurine porte son propre numéro, gravé sous le socle.

Ce qui est vrai, ce qui est raconté

  • Vrai : l'histoire des lampes dans la Loire (crézieu, Davy en 1825, Clanny, Mueseler, Marsaut), la fermeture magnétique de Villiers, la plaque de matricule et le jeton, le contrôle du verre, la responsabilité du mineur, l'arrivée des lampes électriques vers 1920. Les lampes à flamme étaient nettoyées en lampisterie, généralement par des femmes.
  • Raconté : Étienne Peyrard et son matricule 612.

Sources

  • Musée de la Mine de Saint-Étienne, « Les lampes de mine », 2017 (évolution des lampes dans la Loire, Villiers, Marsaut, lampisterie, jeton et matricule) : musee-mine.saint-etienne.fr/sites/default/files/ckeditor_uploads/dossier_les_lampes_de_mine_def_2017.pdf
  • Musée de la Mine, « Les dangers dans une mine de charbon » (le grisou) : musee-mine.saint-etienne.fr/sites/default/files/ckeditor_uploads/dossier_les_dangers2017.pdf