
Les Mineurs de Saint-Étienne · N°07
Le Mineur à la besace
Dans la besace : le casse-croûte et de quoi boire. Depuis 1848, on mange au fond, à la lueur de la lampe : c'est le seul bout de maison qu'on emporte pour la journée.
- Tirage
- Limité à 10 exemplaires numérotés
- Matière
- Résine haute définition
- Hauteur
- 10 cm environ, socle Ø 67 mm
Registre des exemplaires
L'histoire
Le Mineur à la besace
Bassin houiller de la Loire, vers 1910
Louis Brunon, rouleur
Louis Brunon a trente-trois ans. Il est rouleur : il charge le charbon dans les bennes et les pousse jusqu'au point où se forme le convoi. La figurine le montre au départ du poste, la besace en bandoulière. Dedans, il y a ce qu'il a de plus personnel au fond de la mine : son repas.
Le métier
Le rouleur charge le charbon abattu dans une benne et la roule jusqu'au point où l'on forme le convoi que tirera un cheval. Dans la Loire, le roulage avec des bennes sur des voies en fonte s'impose à partir de 1850. On dit benne, ici, et non berline comme dans le Nord. C'est un métier de jambes et de dos, moins payé que celui du piqueur : on y passe souvent avant de monter vers le boisage ou l'abattage.
Une journée au fond
Au début du XIXe siècle, les mineurs de Saint-Étienne remontaient au jour pour déjeuner. Après 1848, la République limite la présence dans la mine à dix heures par jour, mais les pauses au jour disparaissent : désormais, on mange au fond. Le casse-croûte se prend là où l'on travaille, à la lumière de la lampe, assis sur un bois.
Dans le Nord, ce casse-croûte s'appelle le briquet. Le mot qu'employaient les mineurs de la Loire, nous le cherchons encore dans les archives : nous préférons le dire plutôt que d'en inventer un.
Ce que contient la besace, aucun règlement ne le dit. Du pain, sans doute : il coûte 0,40 franc le kilo en 1910, environ deux euros d'aujourd'hui. Peut-être un morceau de fromage, un oignon, et de quoi boire.
Les outils
- La besace de toile, portée en bandoulière, qui garde le repas à l'abri de la poussière.
- La gourde ou le bidon.
- La benne et la pelle, ses vrais outils de travail.
Ce que raconte la figurine
Louis n'a pas d'outil à la main, et c'est voulu. La besace rappelle qu'au fond, les hommes passaient dix heures loin de tout, et que ce petit sac de toile était le seul bout de maison qu'ils emportaient avec eux. C'est la figurine des choses qu'on ne voit pas sur les photographies de mine : la faim, la fatigue, la pause.
Ce qui est vrai, ce qui est raconté
- Vrai : le métier de rouleur, les bennes et le mot benne dans la Loire, le roulage sur voies de fonte à partir de 1850, la limitation à dix heures et la disparition des pauses au jour après 1848, le prix du pain en 1910.
- Raconté : Louis Brunon et le contenu de sa besace, qui reste une hypothèse.
- Non résolu : le mot de la Loire pour le casse-croûte. Le mot briquet est attesté dans le Nord, pas ici.
Sources
- Musée de la Mine de Saint-Étienne, « Les métiers dans une mine de charbon au XIXe siècle dans le bassin de la Loire » (le rouleur, la benne, le roulage) : musee-mine.saint-etienne.fr/sites/default/files/ckeditor_uploads/dossier_metiers_a_la_mine_def_.pdf
- Musée de la Mine, « Les conditions de vie et de travail des jeunes mineurs » (durée du travail, pauses prises au fond après 1848) : musee-mine.saint-etienne.fr/sites/default/files/ckeditor_uploads/dossier_conditions_de_vie_.pdf
- Prix du pain en 1910 : relevé de prix et salaires des XIXe et XXe siècles, compilation associative à recouper, nlghistoire.fr