
Les Mineurs de Saint-Étienne · N°08
Le Mineur à la pelle
Une fois le charbon abattu, il faut le charger dans les berlines. La pelle ne s'arrête jamais.
- Tirage
- Limité à 10 exemplaires numérotés
- Matière
- Résine haute définition
- Hauteur
- 10 cm environ, socle Ø 67 mm
Registre des exemplaires
L'histoire
Le Mineur à la pelle
Bassin houiller de la Loire, vers 1910
Firmin Cellier, chargeur
Firmin Cellier a cinquante-huit ans, une barbe grise et les mains posées sur le manche de sa pelle. Il a été piqueur pendant vingt ans. Puis les bras ont faibli, la poitrine aussi, et on l'a mis au chargement. À la mine, on monte quand une place se libère. On redescend quand le corps ne suit plus.
Le métier
Le chargeur, qu'on appelle aussi pelleteur, remplit de charbon les wagonnets, les bennes, à mesure que le piqueur abat. Bien souvent, le chargeur est aussi le rouleur qui pousse ensuite la benne. Une fois le charbon tombé, il faut le charger, et la pelle ne s'arrête jamais : le travail de tout le chantier se compte en bennes remplies.
Une journée au fond
Le nombre de jours de travail n'était pas fixe. Selon les commandes et le prix du charbon, on travaillait six jours par semaine en période faste, ou trois quand le charbon se vendait mal : on parlait alors de chômage. Un mineur de métier pouvait ne travailler que six à huit mois par an. Pour un homme de l'âge de Firmin, chaque jour sans travail était un jour sans paie.
Le musée rappelle qu'un mineur vivait en moyenne une dizaine d'années de moins qu'un autre ouvrier. Firmin tousse. Les médecins de la compagnie parlent d'« affection des voies respiratoires ». La silicose, maladie causée par les poussières de roche, n'aura de nom légal en France qu'en 1945.
En 1894, une loi a créé pour les mineurs une caisse de retraite obligatoire : chaque mois, 4 % du salaire y sont versés, moitié par l'ouvrier, moitié par la compagnie, et la pension commence à cinquante-cinq ans. Firmin a passé l'âge. Mais il a commencé à cotiser tard, et la pension ne nourrit pas une famille. Alors il descend encore.
Les outils
- La pelle à charbon, à large lame, dont le manche porte la marque de ses mains.
- La benne, qu'il remplit et qu'il pousse.
- La lampe, accrochée au plus près du tas.
Ce que raconte la figurine
Firmin s'appuie sur sa pelle comme sur une canne. C'est la seule figurine de la collection où l'outil soutient l'homme autant que l'homme tient l'outil. Elle raconte la fin d'une carrière, celle qu'on ne met pas sur les cartes postales.
Ce qui est vrai, ce qui est raconté
- Vrai : le métier de chargeur et de rouleur, le nombre variable de jours travaillés selon le marché, l'écart d'espérance de vie, la loi du 29 juin 1894 sur les retraites des mineurs (4 % du salaire, partagés, pension à 55 ans), la reconnaissance légale de la silicose en 1945.
- Raconté : Firmin Cellier, sa carrière, sa toux et son retour au chargement. L'idée qu'un ancien piqueur redescende vers la pelle est plausible mais n'est pas documentée pour un cas précis.
Sources
- Musée de la Mine de Saint-Étienne, « Les métiers dans une mine de charbon au XIXe siècle dans le bassin de la Loire » (chargeur et pelleteur) : musee-mine.saint-etienne.fr/sites/default/files/ckeditor_uploads/dossier_metiers_a_la_mine_def_.pdf
- Musée de la Mine, « Les conditions de vie et de travail des jeunes mineurs » (jours travaillés, chômage, espérance de vie) : musee-mine.saint-etienne.fr/sites/default/files/ckeditor_uploads/dossier_conditions_de_vie_.pdf
- Musée de la Mine, « Les dangers dans une mine de charbon » (poussières de silice, silicose) : musee-mine.saint-etienne.fr/sites/default/files/ckeditor_uploads/dossier_les_dangers2017.pdf
- Loi du 29 juin 1894 sur les caisses de secours et de retraites des ouvriers mineurs, texte reproduit par le ministère du Travail : dicom-portail-travail2.cegedim.cloud/IMG/pdf/Loi_du_29-06-1894.pdf