DÉSIRÉ CARON
Le Galibot au panier, figurine en résine

Les Mineurs de Saint-Étienne · N°09

Le Galibot au panier

Le galibot est le jeune apprenti de la mine. On l'envoie au fond dès l'adolescence, pour porter, trier et apprendre.

Tirage
Limité à 10 exemplaires numérotés
Matière
Résine haute définition
Hauteur
10 cm environ, socle Ø 67 mm

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L'histoire

Le Galibot au panier

Bassin houiller de la Loire, vers 1910

Fernand Vial, treize ans

Fernand Vial a treize ans en 1910. Son père, Jean-Marie, est boiseur au même puits (N°04). Fernand vient d'être embauché. La figurine le montre en culottes courtes et en brodequins, un panier d'osier au bras, le jour de sa première semaine.

Le métier

On appelle galibot le jeune apprenti de la mine. Le mot vient du Nord ; nous n'avons pas encore trouvé comment on appelait ces enfants dans les puits de la Loire, et nous le disons.

Depuis la loi du 2 novembre 1892, on ne peut pas être embauché à la mine avant treize ans. Avant elle, la loi de 1874 et le décret de 1875 avaient déjà fixé les règles : les jeunes de douze à seize ans ne pouvaient pas faire le travail propre du mineur, comme l'abattage ou le boisage. On les employait au triage et au chargement, à pousser les wagonnets, à garder et manœuvrer les portes d'aérage, à tourner les ventilateurs à bras.

Les plus jeunes commencent presque toujours au jour, à la surface, avant de descendre au fond pour des tâches plus physiques, plus dangereuses et mieux payées.

Une journée au fond

Le panier de Fernand sert à tout porter : du matériel, des petits outils, ce qu'on lui demande. Il gagne moins de deux francs par jour, environ 9 euros d'aujourd'hui. À la maison, c'est pourtant ce salaire qui fait la différence entre une quinzaine qui tient et une quinzaine qui ne tient pas.

Le danger n'épargne pas les enfants. En recensant les victimes des accidents du XIXe siècle dans le bassin, les équipes du musée estiment qu'environ cent vingt jeunes de treize à seize ans y ont trouvé la mort.

Les outils

  • Le panier d'osier, pour porter.
  • Les brodequins et les culottes courtes, la tenue d'un garçon de son âge.
  • Plus tard, la pelle, la benne, puis peut-être la hache de son père.

Ce que raconte la figurine

Fernand est le plus jeune de la collection, et le seul qui regarde encore la mine avec curiosité. Son père lui a fait une seule recommandation, la première semaine : écouter le bois. La figurine se pose à côté du Boiseur à la hache, et l'on voit d'un coup ce que la mine transmettait de père en fils : un métier, et un danger.

Ce qui est vrai, ce qui est raconté

  • Vrai : l'âge minimal de treize ans (loi de 1892), les tâches autorisées aux jeunes (décret de 1875), le début de carrière au jour, l'ordre de grandeur du salaire, l'estimation des jeunes victimes.
  • Raconté : Fernand Vial, son père et son panier. Le mot galibot est conservé parce qu'il est connu de tous, mais il vient du Nord.

Sources

  • Musée de la Mine de Saint-Étienne, « Les métiers dans une mine de charbon au XIXe siècle dans le bassin de la Loire » (métiers des enfants, extrait du décret de 1875) : musee-mine.saint-etienne.fr/sites/default/files/ckeditor_uploads/dossier_metiers_a_la_mine_def_.pdf
  • Musée de la Mine, « Les conditions de vie et de travail des jeunes mineurs » (salaires, victimes de 13 à 16 ans) : musee-mine.saint-etienne.fr/sites/default/files/ckeditor_uploads/dossier_conditions_de_vie_.pdf
  • Loi du 2 novembre 1892 sur le travail des enfants, texte reproduit par le ministère du Travail : travail-emploi.gouv.fr/sites/travail-emploi/files/files-spip/pdf/Loi_du_2_novembre_1892.pdf
  • Archives nationales du monde du travail, « Jeunesse à la mine » : archives-nationales-travail.culture.gouv.fr