DÉSIRÉ CARON
Le Vieux Mineur au canari, figurine en résine

Les Mineurs de Saint-Étienne · N°10

Le Vieux Mineur au canari

La légende dit que le canari détectait le grisou : c'est faux, il réagissait au monoxyde de carbone. Le vieux mineur, lui, le porte comme on porte un compagnon.

Tirage
Limité à 10 exemplaires numérotés
Matière
Résine haute définition
Hauteur
10 cm environ, socle Ø 67 mm

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L'histoire

Le Vieux Mineur au canari

Bassin houiller de la Loire, vers 1910

Jean-Baptiste Royet, retraité

Jean-Baptiste Royet a soixante-deux ans. Il est sorti du fond, et il n'y redescendra plus. Il porte un canari dans une cage, et les jeunes du puits le taquinent : « Alors, le père Royet, il sent le grisou, ton oiseau ? » Il répond toujours la même chose : « Non. Et c'est pour ça que je l'aime. »

La vérité sur le canari

On raconte partout que les mineurs descendaient des canaris pour détecter le grisou. Le musée de la mine de Saint-Étienne le dit clairement : c'est une croyance populaire. Le grisou, le méthane, n'empoisonne pas un oiseau plus qu'un homme. Il explose entre 6 et 12 % dans l'air, et l'outil qui le repérait, c'était la flamme de la lampe de sûreté, puis le grisoumètre.

Si des oiseaux ont été utilisés au fond, c'était pour un autre gaz : le monoxyde de carbone, que produisent les incendies. Très sensible à ce poison, un petit oiseau en montrait les effets avant les hommes. Le bassin a connu ces incendies : au puits Montmartre, à Saint-Étienne, en 1908, neuf hommes sont morts asphyxiés.

Une vie au fond

Jean-Baptiste est descendu dans les années 1860, à l'âge où l'on descendait alors. Il a vécu de près les grandes catastrophes du bassin : le puits Jabin en 1876, cent quatre-vingt-six morts ; le puits Verpilleux en 1889, plus de deux cents. Il a enterré des camarades. Lui est toujours remonté, ce qui n'est pas une qualité, seulement une chance.

En 1894, une loi a créé pour les mineurs une caisse de retraite obligatoire, avec une pension à cinquante-cinq ans. Jean-Baptiste fait partie des premiers à en profiter, sur une petite partie de sa carrière seulement. En 1910, une nouvelle loi crée les retraites ouvrières et paysannes pour tous les ouvriers. On parle beaucoup de retraite, cette année-là, autour du puits.

Sa sœur, Benoîte, trie encore le charbon au jour, à la table des clapeuses. Le dimanche, il passe la voir avec l'oiseau.

Les outils

  • La cage de fil de fer, et le canari, qui n'est pas un outil.
  • La veste ouverte et la casquette : la tenue d'un homme qui ne descend plus.

Ce que raconte la figurine

Le Vieux Mineur clôt la collection. Il tient sa cage comme on tient la main d'un enfant. Le canari ne l'a jamais protégé de rien ; il chante, voilà tout, et c'est ce qui compte pour un homme qui a passé quarante ans dans le silence du fond. La figurine garde la légende du canari, mais son histoire rétablit les faits.

Ce qui est vrai, ce qui est raconté

  • Vrai : le canari détecteur de grisou est une croyance populaire selon le musée ; les oiseaux ont pu servir à détecter le monoxyde de carbone ; les limites d'explosion du grisou ; l'incendie du puits Montmartre en 1908 ; les catastrophes de Jabin en 1876 et de Verpilleux en 1889 ; les lois sur les retraites de 1894 et de 1910.
  • Raconté : Jean-Baptiste Royet, sa vie, son canari, sa sœur Benoîte (personnage de la collection 1910 de Caron Patrimoine).

Sources

  • Musée de la Mine de Saint-Étienne, « Les dangers dans une mine de charbon » (grisou, oiseaux et monoxyde de carbone, catastrophes du bassin, puits Montmartre en 1908) : musee-mine.saint-etienne.fr/sites/default/files/ckeditor_uploads/dossier_les_dangers2017.pdf
  • Loi du 29 juin 1894 sur les caisses de secours et de retraites des ouvriers mineurs, texte reproduit par le ministère du Travail : dicom-portail-travail2.cegedim.cloud/IMG/pdf/Loi_du_29-06-1894.pdf
  • Loi du 5 avril 1910 sur les retraites ouvrières et paysannes, Gallica (BnF) : gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k61053357